Secretos de Lucha |
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Secrets de combat |
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Entre 1970 et 1971, la plupart des leaders du mouvement Tupamaros sont arrêtés et regroupés dans la prison de Punta Carretas, à Montevideo. En 1971, 111 d’entre eux parviennent à s’échapper, par un tunnel qui relie toutes les cellules entre elles et donne sur une petite maison de l’autre coté de la rue. Cette action ridiculise le gouvernement et démontre son incapacité à contrôler la situation. Le pouvoir exécutif crée les Forces conjointes, unissant la police et l’armée dans la lutte antisubversive. Le paroxysme de la confrontation entre gouvernement-armée et la guérilla a lieu l'année 1972. Cette année là, le 14 avril, les commandos Tupamaros exécutent 4 hommes censés appartenir aux escadrons de la mort, une organisation para-militaire qui avait menacé, torturé et tué plusieurs membres du mouvement MLN ainsi que des sympathisants de gauche. Cette action sanglante a un effet électrochoc sur la population uruguayenne, et donne au gouvernement une justification pour l'emploi massif de l'armée dans la lutte contre la guérilla. Celle-ci par ailleurs déjà fortement affaiblie, en quelques mois, le gouvernement peut afficher des résultats démontrant le démantèlement du MLN. Fin juin, les forces conjointes sont en mesure d’annoncer l’arrestation de 846 Tupamaros, le procès de 2873 subversifs, et la mort de 62 tupas, contre 18 morts dans l’armée. La dictature militaire telle quelle n'est établie que depuis 1973 (le 27 juin). Elle est mise en place ('invitée') par le président civil Bordaberry, élu en 1972. A cette époque, les Tupamaros ne sont plus une menace, mais l’Uruguay est déjà engagé dans une spirale répressive dont le président ne parvient pas à interrompre le cycle.Au contraire, c'est l'escalade. Les chambres du Parlement sont dissoutes, remplacées par un conseil d’État. Une grève générale est organisée par les ouvriers et étudiants de Montevideo et Paysandu. Encore une fois, réprimées durement. La résistance ouvrière ne dure pas plus de 2 semaines, la répression atteint un niveau inégalé: les partis et syndicats sont interdits, il faut une autorisation spéciale pour se réunir à plus de 4, les médias sont entièrement sous le contrôle de l’armée, qui petit à petit s’installe dans tous les postes de directions de tous les secteurs de la société: administration, banques, éducation, etc... Même pour faire partie d’un club de sport ou d’échecs, il faut faire une demande auprès de l’armée. Le pouvoir justifie sa manière d'agir par un besoin de "renouveler et assainir le pays". L'Uruguay étant un pays de forte tradition démocratique, l'armée se sent obligée de passer par cette étape pour démontrer leur validité et s'assurer le soutien de la population. Contre toute attente, le peuple uruguayen vote à 57,8% contre la proposition, en dépit de l'interdiction de faire campagne pour le Non ( à cette époque, les chauffeurs de Montevideo ont étrangement utilisé très fréquemment leurs essuie-glaces, quand bien même il ne pleuvait pas... Leur manière de dire "Non, non") Après cet échec, les militaires ne peuvent plus faire machine arrière et sont obligés d'entamer les pourparlers avec les partis politiques traditionnels (un moment interdits) et en 1984 sont organisées les élections (au candidat unique désigné par l'Armée, Julio Maria Sanguinetti ). Le 1er Mars 1985 l'investiture de ce dernier en tant que président marque le retour à une démocratie qui restera encore quelques années sous tutelle, mais qui aujourd'hui en 2007 est fermement établie. |
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