Secretos de Lucha |
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Secrets de combat |
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MEMOIRE ET DROITS DE L'HOMME L'héritage des 12 années de dictature (et des 5 années de pré dictature) est terrible. Des milliers d'uruguayens ont connus la prison, mais aussi la torture. En 1976, Amnesty internationale publiait un rapport dénonçant en particulier le fait que l'Uruguay a le triste privilège d'être le pays où la torture a été la plus importante, par rapport au chiffre de la population (de l'ordre de 1 sur 50). Chaque uruguayen a eu des proches qui sont restés des années en prison, des hommes et des femmes, touchés dans la fleur de leur jeunesse, marqués à jamais, physiquement, psychiquement. Nombreux sont ceux qui sont aujourd'hui atteints de maladies liées à ce qu'ils ont subi. A la fin de la dictature militaire uruguayenne, lors de la transition vers la démocratie, les prisonniers politiques ont été amnistiés et relâchés. En 1986, pour "assurer la paix interne du pays " une loi a été adoptée, qui déclare "caduque la prétention punitive de l'État", affirme la non responsabilité des forces armées en ce qui concerne les crimes perpétrés pendant la dictature, ce qui rend impossible tout jugement à l'encontre des forces armées et policières. Cette loi, dite de Caducité, à tout d'une loi d'amnistie, et est le fruit d'un chantage effectué par l'Armée sur le gouvernement fraîchement élu. De fait, l'armée conserve pendant plusieurs années un droit de regard sur le fonctionnement interne du pays. En 1989, un référendum a été organisé afin de demander à la population uruguayenne s'il fallait maintenir ou bien abroger la loi de Caducité. À 57%, une population encore traumatisée par le souvenir des années récentes décidait de maintenir cette loi. Pendant 20 ans, en Uruguay, comme au Chili ou en Argentine, le thème de la dictature militaire est resté tabou. Les lois uruguayennes donnant pratiquement plus de force au vote populaire et donc à l'expression du peuple au travers d'un référendum qu'au parlement, aucun gouvernement ne s'est à nouveau confronté de face au problème des crimes impunis. Mais un changement s'opère lentement à partir des années 2000. 2000, c'est l'époque du procès de Pinochet. Pour la première fois, en Amérique Latine, grâce à l'action internationale, l'un des principaux responsables des tortures et des disparitions est jugé, en dépit de son immunité parlementaire auto décrétée. Sa mort avant un jugement final est considéré comme un échec pour certains, mais un processus est en marche, et les langues se délient enfin. Très longtemps on a cru qu'il n'y avait pas eu en Uruguay de disparus comme en Argentine. Le discours officiel était que les seuls "vrais" disparus uruguayens étaient ceux arrivés en Argentine. En Uruguay, les " disparus" étaient des détenus transférés de caserne en caserne, sans que la famille en soit informée. La plupart réapparaissent. Des 10 enfants nés en prison, par contre, 7 ont étéretrouvés, mais 3 continuent à être cherchés par les membres de leur famille. Le 9 août 2000, Batlle, président du parti Colorado, qui avait perdu des membres de sa famille durant la dictature, établit une Commission pour la paix chargée d'enquêter sur les disparitions, d'adultes et d'enfants, ayant eu lieu entre 1971 et 1985. En 2002, l'un des enfants disparus, Simon Riquelo, a rencontré sa vrai grand mère. Cette même année, pour la première fois en Uruguay, une personne a été jugée, puis emprisonnée, pour violations des droits de l'homme pendant la période de la dictature : Juan Carlos Blanco, ministre des relations extérieures en 1976, jugé responsable de l'emprisonnement, la torture puis la disparition d'une institutrice, Elena Quintero. Cette commission pour la paix n'a pas satisfait les familles des disparus, car elle dépendait de la bonne volonté des individus (militaires compris) à fournir des informations sur les disparus. L'élection de Tabaré Vasquez, représentant du Frente Amplio, la coalition des partis de gauche, à la présidence de l'Uruguay, fin 2004, apporte un nouvel espoir de justice dans la population uruguayenne. La loi de Caducité, de 1986, disposait d'un article, une faille juridique, déclarant que la lumière serait faite sur le sort des disparus. Dès son investiture en mars 2005, en effectuant la mise en oeuvre de cet article, le président a indiqué son intention de donner l'ordre à l'Armée d'ouvrir leurs archives, et les casernes, et tout faire pour que les investigations sur le sort des disparus aboutissent. Entre 2005 et 2007 c'est ainsi plusieurs restes de disparus qui ont été identifiés. Toutefois, lors de son investiture, Tabaré Vasquez a aussi indiqué qu'il ne comptait pas de lui même s'attaquer à la loi de Caducité. Aujourd'hui on sait qu'il y a aussi eu des disparus en Uruguay, et que le gouvernement uruguayen, dans le cadre du plan Condor, a été impliqué dans la disparition de dizaines d'uruguayens, dont les parlementaires Zelmar Michelini, et Gutierrez -Ruiz, découverts assassinés en Argentine en 1976 aux cotés de 2 autres uruguayens, soupçonnés d'appartenir aux Tupamaros. Le 17 novembre 2006 l'ancien président et premier dictateur Bordaberry a été arrêté, accusé de complicité dans la disparition de 17 civils uruguayens, et en particulier de la mort de Zelmar Michelini et Gutierrez Ruiz. Le même jour, un groupe constitué de sénateurs, d'avocats et d'associations liées à la défense des droits de l'homme et aux familles des disparus ont annoncé leur intention de créer une association pour coordonner la nullité de la loi dite de Caducité. |
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